Il y a deux mois, j’ai perdu ma mère.
Les premiers jours, je ne savais pas quoi faire de ce silence. Alors j’ai sorti ses albums photos. Je les ai regardés seule, le soir. Et en les feuilletant, en retrouvant son sourire, sa façon d’être, je me suis rendu compte que je voyais défiler bien plus qu’une vie — je voyais une lignée.
Des femmes. Des dizaines de femmes.
Des femmes qui ont aimé, subi, choisi, renoncé, résisté. Des femmes dont beaucoup n’ont laissé qu’un prénom dans un registre, une date, parfois une adresse. Des femmes dont certaines ont marqué l’histoire de ma famille sans que personne ne les ait jamais vraiment racontées.
Ce livre est né de ce deuil et de cette évidence : il fallait les écrire.
Je suis généalogiste amateur. Je connais ces femmes par les actes, par les archives, par les traces minuscules que la vie administrative laisse derrière elle. Une naissance. Un mariage. Un décès. Une mention en marge d’un registre paroissial.
Mais ce n’est pas suffisant. Un nom et deux dates ne font pas une vie. Alors j’ai voulu aller plus loin — reconstituer ce qu’on peut reconstituer, comprendre ce qu’on peut comprendre, et là où les archives se taisent, nommer ce qui reste hypothèse plutôt que d’inventer ce qui serait mensonge.
Chaque chapitre de ce livre est consacré à l’une d’elles. Certaines me sont proches — ma mère, ma grand-mère. D’autres sont lointaines, parfois de plusieurs siècles. Mais toutes ont quelque chose à voir avec ce que je suis.
Je commence par ma mère.
Parce que c’est elle qui m’a donné envie d’écrire ce livre. Parce que c’est elle qui m’a transmis, sans le dire, le goût des racines et la curiosité des origines. Et parce que je voulais commencer par là où le deuil est encore frais — pour ne pas attendre qu’il soit trop tard pour bien s’en souvenir.
Elle s’appelait Marie-Jo. Puis elle est devenue Marie.
Deux prénoms, comme deux vies. Et pourtant, une seule femme — belle, vive, passionnée et profondément aimante.
Table des matières :
1- Marie-Joseph, devenue Marie-Jo puis Marie (ma mère)
2- Suzanne, celle qui n’a jamais trouvé sa place (ma grand-mère)
3- Jeanne, 98 ans, 2 guerres, une femme au XXè siècle (mère de Suzanne)
4- Anne Marie, 7 enfants, 4 abandons (mère de Jeanne)
5- Catherine, toujours chez les autres (mère d’Anne Marie)
6 – Madeleine, 4 enfants sans père nommé (mère de Catherine)
7- Barbara, celle qui n’a pas quitté Mertzen (mère de Madeleine)

