Jacques SEIGEOT (1793–1854)

Frère, meunier, disparu… puis colon en Algérie

 


Treizième d’une fratrie de quatorze

Jacques Seigeot naît en 1793 à Lacollonge, dans le Territoire de Belfort. Il est le treizième enfant d’une fratrie de quatorze, et le petit dernier des garçons. L’aînée a 16 ans de plus que lui.

Son père est meunier, et comme tous ses frères avant lui, Jacques apprend à manier la roue à aubes, les pierres de meule, les sacs de farine. Il grandit dans l’ombre des aînés, dans un village où les ruisseaux nourrissent autant les champs que les moulins.


Un premier mariage brisé par le deuil

En 1823, à 29 ans, Jacques épouse Geneviève Sibler à Richwiller, un bourg situé à 30 km de Lacollonge. Le jeune couple ne profitera guère de son union : Geneviève meurt un an plus tard, sans laisser d’enfant.

Jacques ne reste pas veuf longtemps. Cinq mois après le décès de Geneviève, il se remarie avec Caroline Haab, à Petit Landau, à 28 km de là. Un choix rapide, peut-être dicté par l’urgence de ne pas rester seul, ou par des arrangements familiaux.


‍ Une trace… puis plus rien

En 1825 naît leur fils à Richwiller. Deux ans plus tard, en 1827, leur fille Caroline naît à Colmar.

Et soudain, Jacques disparaît. Littéralement. On ne trouve plus aucune trace de lui auprès de sa femme ou de ses enfants.

Au mariage de sa fille Caroline en 1852, l’acte indique qu’il est « déclaré disparu depuis 24 ans ». Soit depuis 1828. Il aurait alors abandonné sa famille alors que sa fille était à peine née.


❓ Que fait-il entre 1828 et 1846 ?

  • En 1836, il n’est pas recensé à Lacollonge.

  • En 1841, il semble loger chez son neveu Louis SEIGEOT à Roppe, avec qui il partagerait le toit quelques années. Louis, frère de Françoise et Marianne, meurt en 1844.

  • En 1846, Jacques ne figure plus dans aucun recensement connu.

A-t-il vécu en retrait, à la marge ? Est-il resté célibataire, isolé ? Ou déjà en partance ?


En Algérie, la dernière trace

Il est probable qu’il parte en Algérie entre 1846 et 1848, avec ses nièces Françoise et Marianne SEIGEOT, qui s’y installent à Mazagran. Jacques semble les avoir suivies, ou précédées.

Il meurt à l’hôpital de Saint-Denis-du-Sig (près de Mostaganem), à l’âge de 61 ans. L’acte de décès ne mentionne ni son épouse, ni ses enfants. Uniquement ses parents.


Une vie effacée

Jacques Seigeot ne laisse aucun héritage, ni maison, ni descendance connue. Il traverse les archives comme une silhouette floue : d’abord frère cadet, puis meunier, puis mari… puis disparu. Et enfin, colon.

Il incarne ces hommes effacés, dont la vie est une série de déplacements, de silences et de vides. Mais grâce aux recoupements, aux actes oubliés, son histoire reprend forme.


Et vous ?

Avez-vous, vous aussi, dans votre généalogie, un homme ou une femme « déclaré disparu » ? Que disent ces absences sur les liens familiaux d’hier ?

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