Oran, Algérie

port d'oran ville d'Algérie

Oran, l’histoire d’une ville qui ne dort jamais

Oran.
Au début du XXᵉ siècle, c’était une ville qui avançait vite, trop vite parfois, comme si chaque pierre posée devait rattraper le temps perdu. Une ville où se croisaient les destins : Espagnols, Français, Juifs, Arabes, Italiens… chacun avec sa langue, ses musiques, ses odeurs de cuisine et ses souvenirs accrochés à la peau.

Le port d’Oran

Tout commençait souvent là.
Au port.

Des bateaux venus d’Alicante, de Marseille ou de Naples débarquaient des hommes aux valises en carton, des familles qui espéraient recommencer leur vie. Les dockers hurlaient pour couvrir le bruit des machines, les mouettes tournaient au-dessus des sacs de blé, et les enfants couraient pieds nus entre les caisses de dattes et les charrettes.

C’est là qu’Oran prenait son souffle — un souffle de mer, de sel et de départs.

Le boulevard, les cafés, les tramways

En montant du port, on rejoignait les grands boulevards, propres et lumineux, bordés de cafés débordant sur les trottoirs.

Dans les années 1920, Oran vibrait au rythme des tramways jaunes qui grinçaient entre les immeubles aux balcons en fer forgé.
Chaque café avait son monde.
On y parlait arabe, français, espagnol, tout en mélangeant le tout sans jamais vraiment s’en rendre compte.
Les vendeurs ambulants criaient “B’beyya ! B’beyya !” pour vendre leurs beignets brûlants.
Ici, personne ne restait seul.
Oran adoptait tout le monde.

Les ruelles populaires

Plus loin, les ruelles étroites étalaient d’autres couleurs : linge suspendu, murs blanchis à la chaux, rires d’enfants, odeur de couscous, de poisson grillé et de tomates bien mûres.

Les voisins entraient chez les voisins sans frapper.
Une fête devenait la fête de toute la rue.
Un malheur devenait l’affaire du quartier entier.

C’était ça, Oran : une famille sans frontières.

La place, les marchés, les musiques

La place centrale résonnait de mille bruits :
le marteau du forgeron, les discussions en judéo-espagnol, les voix des marchandes de légumes, les chansons andalouses qui s’échappaient d’une radio trop forte.
Le soir, les hommes sortaient les chaises dehors.
Les femmes bavardaient derrière les fenêtres.
Et la ville semblait se reposer, mais sans jamais vraiment s’éteindre.
Parce qu’Oran avait son propre cœur.
Un cœur qui battait même la nuit.

La mer, toujours la mer

Et puis il y avait la mer.
Le seul endroit où les habitants venaient chercher le silence.
Pour certains, elle représentait la liberté.
Pour d’autres, une frontière.
Pour beaucoup, un souvenir d’enfance : les bains de mer, les rires, les pique-niques, les premiers amours.
La mer d’Oran ne quittait jamais vraiment ceux qui l’avaient connue.
Même après le départ, même après les années, elle restait là — comme une cicatrice douce, comme un écho du passé.

Sources historiques – Histoire d’Oran

I. Ouvrages de référence

  1. Julien, Charles-André. Histoire de l’Afrique du Nord. Paris : PUF. (Référence classique sur l’histoire de l’Algérie.)

  2. Djerbal, Daho. Oran, histoire d’une ville. Alger : ENAG.

  3. Kaddache, Mahfoud. Histoire de l’Algérie contemporaine. Alger : OPU.

  4. Planche, Jean-Louis. Les Français d’Oran, 1830–1962. Paris : Fayard.

  5. Peyroulou, Jean-Paul. Gouverner un empire : Oran et le premier colonialisme. Paris : CNRS Éditions.


II. Archives et documents d’époque

  1. ANOM – Archives nationales d’Outre-Mer

    Fonds photographiques et documents sur Oran (cartes postales, rapports d’administration, recensements).

    https://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/

  2. Gallica – Bibliothèque nationale de France

    Cartes postales anciennes, journaux d’époque (Le Petit Oranais, La Dépêche d’Oran).

    https://gallica.bnf.fr/

  3. Archives départementales d’Oran (numérisées en partie)

    Plans anciens, documents administratifs du XIXᵉ–XXᵉ siècle.

  4. Cartes postales anciennes – fonds Lévy, Neurdein et L. & B.

    (Les grands éditeurs de cartes postales d’Oran entre 1890 et 1930.)


III. Articles universitaires

  1. Julien-François Gerber, “Oran, ville-monde et carrefour méditerranéen”, Université de Genève.

  2. Abderrahmane Bouchène, “Urbanisation et populations à Oran (1830–1930)”, Revue Méditerranée.

  3. Daho Djerbal, “Sociétés urbaines et métissage à Oran au début du XXᵉ siècle”, Revue Insaniyat.


IV. Études sur les communautés d’Oran

  1. René Lespès, Oran : étude de géographie et d’histoire urbaine. (Ouvrage fondamental sur le développement de la ville.)

  2. Jacques Taïeb, Les Juifs d’Algérie : culture, histoire, société.

  3. Pierre Montagnon, Les Pieds-Noirs : histoire et destin.

  4. Émile Temime, La Méditerranée et ses ports. (Sections sur Oran comme port colonial.)


V. Journaux d’époque (consultables sur Gallica)

  • Le Petit Oranais (années 1900–1930)

  • L’Écho d’Oran

  • La Dépêche d’Oran

Ces journaux sont précieux pour comprendre :

  • la vie quotidienne

  • les transports (tramways, port)

  • l’économie locale

  • les fêtes, cafés, marchés, traditions

  • les migrations (Espagne, France, Italie, Maroc)

source : L’Algérie illustrée (1922)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut