Meriem – La femme du jardinier

Mostaganem, 1842.
Meriem, seize ans, fille du vent et de la mer, rencontre Jacques, un jardinier français venu de Montélimar.
Leur amour défie les frontières, les langues et les regards.
Ensemble, ils bâtissent un foyer dans une petite maison battue par le vent.

Trois enfants naissent. Puis Jacques meurt, la laissant seule, enceinte du quatrième.

Chassée de leur maison, Meriem part pour Mascara, puis pour Alger.
Elle y rencontrera un autre Jacques, le boucher, et refera sa vie.

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman retrace le destin bouleversant d’une femme libre avant l’heure — fille du vent, mère des deux rives.

Mostaganem, 1842.

La ville s’étirait entre la mer et le plateau, accrochée à ses remparts de pierre claire.
Le vent descendait du sud, chaud, chargé de poussière.
Il entrait dans les ruelles, s’infiltrait dans les maisons, soulevait les tissus aux fenêtres.
À Matamore, le quartier du vent, tout vibrait : les volets, les palmiers, les voix.

Meriem avait seize ans.
Elle vivait seule avec sa mère dans une maison modeste, à flanc de colline.
Depuis la terrasse, on voyait le port et les toits plats des casernes françaises.
Sa mère lui interdisait d’y descendre.

« Là-bas, ce n’est plus notre monde. »
Mais la curiosité était plus forte.


Un matin, elle prit le prétexte d’aller chercher du fil au marché.
Le vent soufflait fort, poussant les odeurs de la mer jusqu’au plateau.
Au détour d’un sentier, elle aperçut un jardin : des rangées d’orangers, de figuiers et de fleurs plantés avec soin autour d’une petite maison de planches.
Un homme y travaillait, torse nu, la peau cuivrée, le dos trempé de sueur.
Il redressait les pierres d’un muret, sifflotant un air inconnu.

Elle resta cachée derrière un mur, fascinée.
Jamais elle n’avait vu un homme comme lui.
Il n’avait ni l’uniforme d’un soldat, ni la raideur des officiers.
Il bougeait lentement, avec douceur.
Tout, dans sa manière de toucher la terre, semblait calme, sûr.

Puis il leva la tête.
Leurs regards se croisèrent.
Il la vit.

« Tu t’es perdue ? » demanda-t-il, en français.
Elle ne répondit pas.
Il fit quelques pas vers elle, essuya son front avec le revers de la main.
« Tu comprends ? »
Elle hésita, puis murmura :
« Oui… un peu. »
Il sourit.
« Alors tu sais que je ne vais pas te manger. »

Elle éclata de rire, malgré elle.
Le vent emporta le son comme un secret.


Il s’appelait Jacques André Teyssonnier.
Jardinier de la garnison, originaire de Montélimar.
Il vivait seul ici, dans une baraque qu’il avait bâtie de ses mains, entre la forge et la mer.
Chaque jour, il entretenait les jardins du commandement, puis rentrait le soir, seul, au milieu de ses plantes.

Les jours suivants, Meriem revint.
Toujours au même endroit, toujours à la même heure.
Elle lui apportait parfois une miche de pain, un peu de lait, ou un panier de dattes.
Il faisait semblant de s’étonner.
« Pour moi ? »
« Pour la terre. »
« Alors je la partagerai avec toi. »

Elle entrait un peu plus chaque fois.
D’abord dans la cour.
Puis sous l’auvent.
Puis un soir, dans la maison.


La baraque sentait le fer chaud, la mer, et la résine.
Sur la table, il y avait un morceau de pain, une lampe à huile, un bouquet de jasmin posé dans une boîte de conserve.
Meriem s’assit sur le banc, les mains serrées sur ses genoux.
Jacques versa un peu d’eau dans un bol ébréché.

« Tu n’as pas peur ? » demanda-t-il.
« Non. »
« Même d’être vue ici ? »
« On me voit déjà. »
Il la regarda longuement, sans oser s’approcher.
Puis, lentement, il tendit la main vers elle.
« Si tu veux, je t’apprendrai à planter un arbre. »
« Et si je veux seulement le regarder pousser ? »
« Alors tu restes. »


Les semaines passèrent.
Elle venait chaque soir, au moment où les soldats descendaient au port.
La lumière du couchant traversait la baraque comme un feu doux.
Parfois ils parlaient, parfois non.
Il lui racontait la Provence, les champs de lavande, le goût du raisin mûr.
Elle lui parlait du vent du plateau, des pierres qui chantent quand on les frappe.

Un soir, il posa sa main sur sa joue.
Elle ne bougea pas.
Tout était simple, évident, comme si cela avait toujours dû arriver.


L’hiver arriva tôt cette année-là.
Le vent soufflait si fort que la baraque tremblait.
Meriem ne rentra pas chez elle.
Sa mère ne revit jamais sa fille.

Dans la maison de bois, le feu brûlait dans la forge.
Jacques dormait, le bras posé sur elle.
Meriem, les yeux ouverts, écoutait son souffle.
Sous sa main, sur son ventre, elle sentit une chaleur nouvelle, un mouvement léger.

Elle comprit alors.
Un sourire lui échappa, mince, effrayé, lumineux.
Elle posa la main sur la poitrine de Jacques, sentit battre son cœur contre le sien.

« Maï, » murmura-t-elle.
L’eau. La vie.

La maison du vent

Le matin, quand elle ouvrait la porte, la mer était là.
Bleue, éclatante, vivante.
Le vent du plateau descendait dans la cour, faisait tinter les outils de la forge et frémir les feuilles des orangers.
C’était une maison pauvre, faite de planches et de poussière, mais c’était désormais leur maison.

Meriem n’avait pas dix-sept ans.
Jacques en avait vingt-huit.
Entre eux, il n’y eut ni promesse ni cérémonie, seulement la certitude tranquille d’appartenir l’un à l’autre.
Les femmes du quartier la regardaient passer en silence, les hommes faisaient semblant de ne pas la voir.
Mais elle marchait droite, la tête haute, le panier sur la hanche.


Les premiers mois furent durs.
La forge grondait la nuit, la pluie s’infiltrait par le toit.
Quand la mer se fâchait, on entendait les vagues jusque dans les murs.
Mais Jacques riait toujours.

« Ce n’est pas une maison, disait-il, c’est un navire. Et tu es ma voile. »
Elle répondait en riant :
« Alors tâche de ne pas chavirer. »


À l’automne 1843, un cri d’enfant déchira la baraque.
Leur premier fils venait de naître.
Jacques le prit dans ses bras avec maladresse, le visage tremblant d’émotion.

« Il s’appellera André », dit-il.
« Comme toi ? » demanda Meriem.
« Non. Comme nous. »

Il courut à la mairie, déclara la naissance.
Sur l’acte, le greffier écrivit :

“Né d’André Teyssonnier, jardinier, et de Marianne Salomon, sans profession.”
Un simple trait d’encre lia désormais deux mondes que tout séparait.


Les années passèrent.
Le vent se fit familier, la mer complice.
En 1845 naquit Jacques, un garçon aux yeux sombres, silencieux comme sa mère.
Puis, en 1848, Jean, le plus fragile, qui toussait souvent et dormait contre elle dans un drap de laine.

La forge résonnait du matin au soir.
Jacques travaillait pour l’armée, réparait les charrues, entretenait les jardins du commandement.
Meriem cultivait derrière la maison des rangées de fèves et d’oignons, entretenait les outils, lavait, berçait, chantait.
Le soir, elle s’asseyait sur le seuil, un enfant sur chaque genou, et regardait la mer se fondre dans la lumière rouge du couchant.
C’était la paix, fragile, mais réelle.


Les voisins commençaient à murmurer.
Certains voyaient en eux une curiosité, d’autres un scandale.
Un colon français vivant avec une “indigène”, sans mariage ni prêtre ni rabbin ?
Mais Jacques s’en moquait.
Il répondait toujours :

« Nous n’avons pas besoin qu’un homme nous dise qu’on s’aime. »

Meriem, elle, se taisait.
Elle savait que leur bonheur tenait à un fil.
Et que le vent, qui donnait la vie, pouvait aussi tout emporter.


À la fin de 1850, Jacques tomba malade.
Une toux sèche d’abord, puis des fièvres, des vertiges.
Il continuait à travailler malgré tout, les mains tremblantes sur le marteau.
Un soir, il s’écroula près de la forge.
Meriem l’aida à rentrer, l’installa sur le lit.
Le feu brûlait dans l’âtre, le vent sifflait dans les planches.

« Meriem… » murmura-t-il.
« Je suis là. »
« Promets-moi… que tu resteras. Avec les enfants. Et avec celui qui viendra. »

Elle le fixa, bouleversée.

« Comment le sais-tu ? »
« Je le sens. Dans ton regard. »
Il sourit faiblement.
« Tu vois, même le vent me l’a dit. »


Il mourut quelques jours plus tard, à trente-six ans.
Le matin, le silence était si lourd que même la mer semblait s’être tue.
Meriem resta là, assise près de lui, la main posée sur son ventre.
Une nouvelle vie grandissait déjà, là, au creux de son deuil.

« Tu ne pars pas vraiment », murmura-t-elle.
« Je te garderai dans chacun de nos enfants. »

Dehors, le vent soufflait.
Il emportait la poussière, les souvenirs, et le nom d’un homme qui, pour la première fois, avait osé aimer une fille du vent.

La route de Mascara

Le 21 mars 1851, le vent se leva avant l’aube.

Il entra par les fentes du toit, fit claquer la porte et s’engouffra dans la forge, comme s’il voulait réveiller la maison.
Meriem, épuisée, sentit une douleur lui traverser le corps.
Le travail commençait.

Elle accoucha seule, dans la pièce où Jacques était mort quelques mois plus tôt.
Le cri du nouveau-né résonna contre les planches.
Un garçon.
Elle le serra contre elle, le cœur tremblant.

« André-Marie, » murmura-t-elle.
« Tu porteras son nom, et le mien. »


Le lendemain, elle prit le chemin de la mairie, le bébé enveloppé dans un drap.
L’officier, un jeune homme impatient, griffonna sans lever les yeux :

« Né de Marianne Salomon Truchman, sans profession. »
Le nom avait glissé, écorché.
Truchman, Tordjman, Turgeman — il n’entendait que des sons étrangers.
Elle voulut protester, puis se tut.
À quoi bon ?
Personne, ici, ne savait vraiment qui elle était.


Quelques mois plus tard, une affiche fut clouée sur la porte de la maison.
Vente publique par adjudication.
Meriem la lut sans comprendre tout de suite.
Puis elle vit les mots : forgecoursept piècesroute de Mascara.
C’était la leur.
La maison de Jacques.
Leur vie entière, écrite sur un papier qu’un commissaire viendrait bientôt lire à haute voix.

Le 12 février 1852, la vente eut lieu.
Des hommes en uniforme, des civils, des voix qu’elle ne connaissait pas.
Le marteau tomba, sec, sans appel.
La maison fut vendue.

Ce soir-là, Meriem prit ses quatre fils — André, Jacques, Jean et le petit André-Marie — et ferma la porte pour la dernière fois.
Elle glissa dans sa poche un petit éclat de bois du mur, souvenir de la main de Jacques.
Puis elle marcha.


La route vers Mascara traversait les collines arides.
Les garçons suivaient, fatigués, silencieux.
Le plus grand portait une couverture, le second tenait la main de sa mère.
Le vent soufflait fort, soulevant la poussière autour d’eux comme un voile.

Au loin, on distinguait déjà les toits de la ville.
Mascara, la cité des sources, des marchés et des armées.
Une autre Mostaganem, plus rude, plus sèche, mais où l’on pouvait recommencer sans être vue.

Meriem arriva au crépuscule.
Elle trouva refuge près du quartier des marchands, dans une petite pièce qu’une veuve juive accepta de lui louer.
La femme la regarda longuement avant de dire :

« Tu viens de la mer. On le sent à ton regard. »
Meriem hocha la tête.
« Et toi, tu viens du vent. Tu survivras. »


Les jours reprirent, différents.
Elle lavait le linge des soldats, aidait parfois à la boulangerie, s’occupait des enfants.
Les gens l’appelaient “Marianne”, “Mériam”, “la veuve du jardinier”.
Le nom changeait, mais le regard restait le même : celui d’une femme étrangère qui travaillait trop, parlait peu et ne se plaignait jamais.

Le soir, elle racontait aux garçons des histoires de Mostaganem.
Le figuier derrière la forge, la mer au loin, le rire de leur père.
André, le plus grand, demandait :

« Il reviendra ? »
Elle posait un doigt sur ses lèvres.
« Non. Mais il est dans le vent. Quand tu l’entends, c’est lui. »

Et alors, dans le silence, les enfants tendaient l’oreille.
Au dehors, le vent de Mascara soufflait sur les collines.
Et pour un instant, il semblait en effet que Jacques Teyssonnier n’était pas tout à fait parti.

Le boucher et la mer

Mascara, 1854.

La ville vibrait de bruits : marteaux, voix, sabots, appels du marché.
Entre les ruelles étroites, les odeurs se mêlaient — épices, cuir, viande, poussière chaude.
C’est là, un matin, que Meriem croisa Jacques Rigolle, le boucher du quartier français.

Il portait un tablier taché de sang, un grand couteau à la ceinture et un regard clair, presque doux malgré son allure rude.
Il s’arrêta quand elle passa, le panier à la main, un enfant sur la hanche.

« Tu veux du travail ? » demanda-t-il simplement.
« J’en ai déjà. »
« Pas assez, à voir tes mains. »

Elle leva les yeux, prête à s’offusquer, mais il souriait.
Un sourire franc, sans pitié ni condescendance.

« J’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à laver, à tenir le compte des bêtes. »
« Et mes enfants ? »
« On trouvera de la place pour eux. »


Les jours suivants, elle vint.
Elle balayait la boutique, lavait les couteaux, portait l’eau.
Les clients la regardaient avec méfiance, mais Jacques Rigolle s’en moquait.

« Elle travaille mieux que vous tous, » disait-il en riant.

Le soir, il la raccompagnait jusqu’à la petite cour où elle vivait avec ses fils.
Peu à peu, il resta plus longtemps sur le pas de la porte.
Il lui parlait de son enfance en France, de la campagne, des troupeaux, du goût du vin.
Elle, de la mer, du vent de Mostaganem, du jardin qu’elle avait perdu.

Un soir, il osa lui dire :

« Tu n’es pas faite pour être seule, Meriem. »
Elle détourna le regard.
« J’ai déjà eu une maison. Et un mort. »
« Alors laisse-moi t’en offrir une autre. Et une vie. »


Ils s’installèrent ensemble quelques mois plus tard.
Lui, solide, rassurant, patient.
Elle, méfiante d’abord, puis apaisée.
Les enfants l’appelèrent bientôt “Jacques”, sans autre distinction.
Il les nourrissait, les habillait, leur apprenait à couper la viande, à porter les paniers, à compter les pièces.

« Ce ne sont pas mes fils, mais je les élèverai comme les miens, » disait-il.
Et il le fit.


En 1855, leur premier enfant commun vit le jour : Anna, petite fille vive et souriante.
Pour la première fois depuis longtemps, Meriem rit sans crainte.
La maison sentait la soupe, la cire, la vie.

Deux ans plus tard naquit Théodore, puis Eugénie en 1859.
Leurs cris emplissaient la maison, leurs rires couvraient le bruit des couteaux.
Le soir, Jacques s’asseyait sur le seuil, les enfants autour de lui.

« On a fait du chemin, hein ? » disait-il.
« Oui, » répondait Meriem doucement.
« Le vent nous a portés jusque-là. »


Les années s’écoulèrent ainsi, tranquilles.
Meriem vieillissait avec grâce.
Ses cheveux s’éclaircissaient, ses gestes restaient précis.
Elle n’était plus la jeune fille de Matamore, ni la veuve de la forge, mais une femme debout, entourée de huit enfants.

Parfois, quand le vent soufflait sur la ville, elle fermait les yeux.
Elle revoyait la mer, la baraque, le jardin de Jacques Teyssonnier.
Et dans un souffle, elle murmurait son nom, pour ne pas qu’il disparaisse.

Le dernier hiver

 Alger, 1900.

La lumière y était plus blanche qu’à Mostaganem, presque crue, comme si le soleil voulait tout révéler.
Meriem habitait désormais à Mustapha, dans une petite maison blanchie à la chaux, un étage modeste au-dessus d’une ruelle qui descendait vers la mer.
Les enfants étaient grands, dispersés.
André travaillait au port, Jacques à la boucherie, Jean s’était engagé dans l’armée.
Eugénie, la plus jeune, aidait sa mère à tenir la maison.

Jacques Rigolle, lui, s’éloignait depuis des mois.
Il rentrait tard, parlait peu.
Un soir, il posa la main sur la table, sans la regarder.

« Meriem, je ne peux plus. »
« Plus quoi ? »
« Cette vie. Ce poids. J’ai trop vieilli ici. »
Elle resta muette.
Il ajouta, maladroitement :
« Il y a une autre femme. Plus jeune. Elle veut partir avec moi. »

Elle ne cria pas.
Elle se contenta de se lever, d’aller ouvrir la fenêtre.
Dehors, la mer étincelait, calme, indifférente.

« Alors pars, Jacques. Le vent t’aidera. »
C’était tout.


Les semaines suivantes furent silencieuses.
Elle rangea la maison, donna ce qu’elle pouvait, plia les vêtements des enfants partis.
Parfois, le soir, elle descendait jusqu’au port, s’asseyait sur un banc.
Le vent d’Alger n’était pas celui de Mostaganem : il venait de la mer, salé, froid, chargé d’odeurs de goudron et de sel.

Elle regardait les bateaux s’éloigner, pensait à tous ceux qu’elle avait perdus.
Jacques le jardinier.
Jacques le boucher.
Et entre les deux, tant de noms, tant de vies.
Elle souriait parfois, doucement, comme à une blague que seule elle aurait comprise.


Un matin d’hiver 1903, Eugénie la trouva assise près de la fenêtre, les mains posées sur ses genoux, le regard perdu dans la lumière.
Le feu s’était éteint depuis longtemps.
Sur la table, il y avait un vieux morceau de bois, poli par le temps — un éclat de planche, souvenir d’une maison disparue.

On inscrivit son décès dans le registre sous le nom de

Marianne Rigolle, dite veuve Tordjman.

Personne ne parla d’elle dans les journaux.
Mais dans la ville, ce jour-là, le vent se leva soudain, fort, violent, comme autrefois à Matamore.
Et ceux qui passaient dans la rue jurèrent avoir entendu, au détour des murs blancs,
le rire d’une femme,
le murmure d’une mer lointaine,
et le souffle obstiné de la vie.


💠 Fin du roman – Meriem (ou Marianne) Tordjman, née Bent Salomon, 1827–1903, fille du vent, mère de quatre fils et trois filles, témoin silencieuse d’un siècle de naissances, d’amours et d’exils.

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