
Murla avant le XXᵉ siècle
Province d’Alicante – Vall de Pop – Royaume de Valence
1. Origines médiévales
Époque musulmane (VIIIᵉ – XIIIᵉ siècles)
Murla était une alquería andalouse, c’est-à-dire un petit village agricole musulman centré sur un réseau d’irrigation et une agriculture de montagne (oliviers, figuiers, céréales).
Elle faisait partie du château de Pop, une forteresse musulmane dominante de la vallée (aujourd’hui Vall de Pop).Reconquête chrétienne (1244-1262)
Le pacte d’Al-Azraq (La Jovada, 1244) entraîna la reddition de plusieurs châteaux maures au roi d’Aragon.
→ Murla passa sous la domination du royaume de Valence, nouvellement créé par Jacques Ier d’Aragon.
→ Les terres furent redistribuées à des colons chrétiens (souvent catalans et aragonais) tandis que la population musulmane locale resta sous statut de « mudéjare ».XIVᵉ – XVIᵉ siècles : Murla, chef-lieu de vallée
Murla devint le centre administratif du “Vall de Pop”, avec son église-forteresse San Miguel Arcángel, symbole du pouvoir chrétien et refuge lors des révoltes morisques.
Le village comptait alors quelques dizaines de feux (familles) ; on y vivait d’agriculture (vigne, huile, amandes) et d’un petit artisanat rural.
⚔️ 2. Les morisques et la dépopulation (1609)
En 1609, Philippe III ordonne l’expulsion des morisques (musulmans convertis au christianisme).
→ Dans toute la Marina Alta, la population chuta brutalement (jusqu’à –70 %).
→ Murla, comme les villages voisins (Benigembla, Parcent, etc.), fut quasiment vidé de ses habitants.Les seigneurs de la région firent alors appel à des colons venus d’Aragon et de Catalogne pour repeupler les villages abandonnés.
→ C’est souvent à cette époque que se fixent de nouveaux patronymes ; si tes ancêtres sont originaires de Murla, ils descendent sans doute de ces familles venues repeupler la vallée après 1610.
3. XVIIᵉ – XVIIIᵉ siècles : lente reconstruction rurale
Les nouveaux colons rétablissent les terrasses agricoles, remettent en culture les vignes (muscat pour le vin doux) et les amandiers.
La région reste isolée, montagneuse, et les communications avec la côte (Denia, Xaló, Benissa) sont difficiles.
Murla reste une communauté de petits propriétaires, vivant modestement mais autosuffisamment.
Dans les recensements du XVIIIᵉ siècle, Murla compte à peine une centaine de maisons (environ 400-500 habitants).
️ 4. XIXᵉ siècle : crises agricoles et départs
Ce siècle est déterminant pour les migrations :
Crise du phylloxéra (vigne détruite dès les années 1870-1880 dans la Marina Alta) → perte de la principale ressource économique.
Sécheresses et isolement des villages de montagne → pauvreté, endettement.
Déclin du système communal : les jeunes quittent la vallée pour chercher du travail sur la côte (Dénia, Alicante) ou à l’étranger.
Émigration vers la France, l’Algérie et l’Amérique latine (surtout Cuba et l’Argentine).
Les registres paroissiaux montrent une nette diminution des baptêmes dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle.
Les départs s’expliquent souvent par la crise de la vigne et les difficultés de subsistance.
5. Église et registres
L’église San Miguel Arcángel (XIVᵉ s.) dépendait du diocèse de Valence.
Les registres paroissiaux (baptêmes, mariages, sépultures) commencent généralement vers 1574 pour Murla (disponibles aux archives diocésaines ou sur FamilySearch).
Après 1870, les actes d’état civil passent à la mairie (registre civil espagnol).
6. Synthèse généalogique
| Période | Situation de Murla | Impact généalogique |
|---|---|---|
| Avant 1244 | Alquería musulmane | Population andalouse autochtone |
| 1244–1609 | Réorganisation chrétienne (colons aragonais/catalans) | Patronymes nouveaux, conversion forcée |
| Après 1609 | Expulsion des morisques, repeuplement | Installation de familles venues du nord |
| XVIIᵉ–XVIIIᵉ | Stabilité rurale | Familles enracinées, endogamie locale |
| XIXᵉ | Crise du phylloxéra, émigration | Départs vers la France, Algérie, Amérique |

